Le Baiser dans la forêt

Communautés d’affection et d’entraide entre personnes du genre féminin

« Le Baiser », projet sélectionné convocation publique Imagina Madrid, Intermediae, Matadero 2018

« Le Baiser (imaginaires du désir) », projet collaboratif, 2018

« Le Baiser Maravillas », marché Maravillas, quartier de Tetuán, Madrid, financé par Intermediae, Matadero 2019

« Le Baiser en temps de COVID », projet collaboratif, 2020

« Cercle de femmes Le Baiser HER », performance communautaire, financée par Festival HER, 2020

« Cercle de femmes Le Baiser Tetuán », performance communautaire, 2021

« Le Baiser » en Amérique latine, exposition au centre culturel de l’Espagne à Saint-Domingue (République dominicaine) et au centre culturel de l’Espagne à Managua (Nicaragua). Financées par l’AECID, ministère des Affaires étrangères Espagne, 2021-22.

« Le Baiser dans la Forêt », vidéocréations et performances avec des groupes dissidents de Madrid 2021-23. Financé par l’Instituto de las Mujeres, subventions pour le soutien de l’égalité des genres dans la production et la création artistique, avec intervention sociale communautaire 2023.

« Le Baiser » (2018-actualité) est un projet qui réunit des pratiques sociales de l’art, des performances et des vidéocréations sur la participation de communautés d’affection du genre féminin, d’entraide et de militances féministes et queer.

Les propositions qui le définissent décrivent les pratiques artistiques, les processus de génération de ces collectivités, les objectifs qui les unissent, leurs inquiétudes et surtout la manière dont elles sont liées les unes aux autres Des femmes migrantes du quartier de Tetuán à Madrid, des profils queer de dissidences sexuelles ou des femmes féministes des Canaries, sont les milieux sociaux qui ont collaboré aux méthodologies collaboratives pour produire les pièces décrites ici.

Ce projet a débuté en 2019 en collaboration avec diverses communautés queer de la ville de Madrid. Il s’articule comme un portrait des personnes qui intègrent ces groupes sociaux activistes en représentant le cadre de leurs dissidences et le mode de relation qui s’établit dans le réseau qu’elles organisent. Son titre fait référence à l’idée de s’embusquer, de se cacher dans l’épaisseur pour attaquer par surprise. La métaphore d’« être forêt », créée par l’activiste environnemental français Jean-Baptiste Vidalou au XVIIe siècle, explique l’idée de résister dans les territoires en lutte. Historiquement, les communautés dissidentes fuyaient dans les espaces boisés pour vivre dans l’opposition, échapper aux processus de gouvernance sociale imposée qui, selon eux, brisaient leurs propres critères. Au contraire, se cacher implique une activation. S’embusquer, c’est vivre le territoire disputé, y construire une communauté pour résister ainsi au vandalisme de l’institution. Les communautés qui participent au projet « Le Baiser dans la forêt » sont des communautés d’affection, d’entraide, aux sexualités non normatives et aux militances féministes, antiracistes et queer. Les processus ouverts sont des performances de chacune de ces figures qui symbolisent leur résilience personnelle, leur façon d’activer leurs lieux de résistance sociale et politique.

« Le Baiser dans la forêt » est une vidéocréation réalisée entre 2019 et 2021 avec la participation de diverses figures militantes, individuelles ou collectives, de la ville de Madrid, du milieu queer et racialisé. Elle est composée de mini-clips de performances de chacune de ces figures qui symbolisent leur résistance personnelle, leur façon d’activer leurs dissidences

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Cette pièce a été produite dans le cadre des communautés dissidentes sexe-genre et activistes sur lesquelles Toxic Lesbian a réalisé, dans ce même cadre temporel, plusieurs productions sur des interventions urbaines et des protestations qui se sont déroulées dans la ville de Madrid:

Communautés dissidentes : Bolloguerrilla St.

La première communauté dissidente que « Le Baiser dans la forêt » a exposé en juin 2022 est le groupe d’art urbain Bolloguerrilla St. Les interventions urbaines qu’elles réalisent en marge sont créées par des lesbiennes qui ont recours à la création artistique dans la rue pour protester et rendre visibles les problèmes qui les touchent. Leur activisme s’inscrit dans le sentiment d’appartenance au mouvement de quartier et de soutien aux femmes et aux dissidentes qui les habitent.

Portraits de Bolloguerrilla St. réalisés dans le centre social libéré autogéré dans le quartier madrilène de Carabanchel, EKO.

Postpotorras

Las Postpotorras est un collectif de femmes qui s’inscrit dans ce que l’on appelle l’« activisme bouffon » (“activismo mamarracho”), transféministe et folklorique. Elles réalisent leurs actions via des performances, des vidéos et d’autres outils de la culture techno-populaire comme mode d’expression, de communication et de revendication. Elles développent une activité académique également comme cadre d’opinion sur les féminismes et activismes LGBTQIA+.

Activisme antigrossophobie

Pièce de recherche-action sur l’activisme antigrossophobie en Espagne, produit entre 2022 et 2023. Elle introduit le podcast militant « Personne ne parlera de nous » (“Nadie hablará de nosotras”), jouée par Lara et Cris, qui se définissent comme deux grosses qui papotent. Elles collaborent avec Antía Eseuve, autrice-compositrice-interprète et musicologue qui se définit comme étant à la recherche du changement social via ses chansons. Le matériel produit incorpore d’autres interviews d’activistes de ce mouvement, réalisées lors de journées à l’Eskalera Karakola, à Madrid en 2022.

Il est intégré par des activistes et des collectifs féministes et queer du mouvement antigrossophobie. Ses revendications s’articulent autour de la dissidence corporelle et de la résistance antinormative qui connecte avec le mal-être des dissidences du mouvement queer dans le même esprit.

Les personnages principaux de « Personne ne parlera de nous » (“Nadie hablará de nosotras”) ont participé en novembre et décembre 2023 à deux présentations à Madrid, dans le cadre de ce projet, à l’auditorium de Santa Petronila et au Centro de Igualdad Hermanas Mirabal.

Portait des personnages principaux du podcast antigrossophobe « Personne ne parlera de nous », Lara et Cris.

Vidéo du processus de recherche-action sur les personnages principaux du podcast « Personne ne parlera de nous » avec l’intervention de plusieurs activistes du contexte en Espagne.

Projet sélectionné, convocation Imagina Madrid 2017, Intermediae, Matadero, mairie de Madrid

« Le Baiser » (Toxic Lesbian, 2017) est une proposition d’art public et de cyberféminisme, qui cultive le soin et la création de communauté autour du quartier de Bellas Vistas, ainsi que la resignification symbolique de la rue Topete de Madrid et ses mémoires (cartographiques et affectives), grâce à la participation de ses habitants et notamment de ses habitantes à un projet de création communautaire analogique et virtuel. Selon une approche féministe, la base est un aspect essentiel du fonctionnement du tissu humain qui est habituellement invisible, malgré le fait d’être symboliquement ce qui dynamise les communautés : le récit émotionnel des femmes.

Cette initiative apparaît à partir du témoignage des habitantes de Bellas Vistas concernant la problématique du quartier. Étant écoutées, elles portent en elles de profondes convictions pour recomposer les réseaux communautaires, actuellement détériorés, en tant que garants de la sécurité et du bien-être du voisinage. Ce désir latent peut être véhiculé grâce à des initiatives concrètes qui articulent cette proposition. Le projet de création collective part à la recherche pendant plusieurs mois d’une identité plus profonde des relations humaines entre voisines et voisins. « Le Baiser » apparaît ainsi pour faciliter la visibilisation symbolique et esthétique de ces formes de relation. Le souhait de la communauté de participer à l’amélioration ainsi que le travail déjà réalisé par les associations de quartier sont des opportunités importantes dans cette conception.

La méthodologie est de genre -générationnelle, interculturelle (intersectionnalité), concentrée sur le rôle des femmes- rôle primordial et clameur ; considérant les pédagogies critiques et le travail en réseau.

La rue Topete, ayant la plus grande concentration de dominicains d’Europe, pourrait constituer un symbole du quartier de Tetuán grâce à des valeurs de participation citoyenne, cohabitation et interculturalité.

Pièce de netart

Le processus artistique prend forme avec la conception d’une pièce en ligne, qui relate des récits intimes sur les affections, rencontres amoureuses, désamour, contre-amour et la vie privée depuis un point de vue de genre. L’œuvre part à la recherche du témoignage personnel et direct qui aborde à la première personne la face cachée de la description du récit amoureux, de l’amour en tant que laboratoire d’un nouvel ordre social. Ces témoignages font ressortir les relations personnelles, les liens et l’estime de l’autre, la mémoire affective, les rencontres, faisant passer au premier plan l’importance de tout ce qui est symboliquement relationnel dans la communauté. Les clés de construction des récits ne montrent pas des identités spécifiques, mais révèlent uniquement l’intériorité du tissu social pour l’expérience du processus artistique.

L’œuvre de net.art est proposée comme une expérience unipersonnelle esthétique qui fonctionne de façon iconique situant l’épicentre dans la rue Topete. Elle suppose la matérialisation du projet de communication et de médiation dont se nourrit la pièce.

Elle propose spécifiquement l’itinéraire virtuel de la rue Topete de Madrid. En entrant dans l’œuvre avec le même fonctionnement et les mêmes possibilités que le piéton virtuel exerce dans cette application traditionnelle de Google, ses mouvements se contrôlent en avançant, en tournant à gauche ou à droite, ou en contemplant la vue vers le haut. L’expérience du parcours nous permet de passer et de revenir dans la même rue. Au fur et à mesure que nous avançons, nous entendons successivement les voix préenregistrées des voisines, dans de courts intervalles, objet principal du projet. Des portraits ou des images appartenant à la mémoire des habitants de la rue sont également projetés sur la représentation virtuelle de la rue.

Le tour virtuel « Le Baiser » est disponible pour le projeter dans des espaces publics ou privés ou pour l’inclure dans un autre site web sous licence Creative Commons 3.0 (organisation à but non lucratif ; ne réaliser aucune modification ; et toujours citer l’auteur : « Le Baiser » est une œuvre de Toxic Lesbian, 2018).

Vidéo tuteur pour la navigation de ´Le Baiser’, pièce de netart

Emplacement des femmes au tour virtual par la rue Topete à Madrid

Le Baiser Topete

Intervention dans l’espace public

Du 22 septembre au 13 octobre 2018, les œuvres de l’exposition « Le Baiser » sont présentées sur des façades, des balcons et des vitrines de la rue Topete de Madrid. Ce sont certaines des œuvres créées par Toxic Lesbian avec les habitantes et habitants de ce quartier. Il s’agit d’une intervention dans l’espace urbain où une vingtaine de pièces sérigraphiées sur des bâches de grand format sont disposées dans la rue Topete. Ces œuvres représentent une sélection des témoignages de l’ensemble des femmes de la communauté qui a collaboré au projet. Suivant une approche féministe, l’intervention montre le point de vue parfois rendu invisible des femmes concernant leur mémoire affective et leurs convictions sur le vivre ensemble ; et reflète les sentiments qui sont projetés dans cette rue madrilène. Pour réaliser l’intervention, Toxic Lesbian a coordonné des activités d’information et de représentation des collectivités du quartier dans le but d’accompagner la pose des pièces sur les façades de la rue.

Description des processus

Programmé au Biennale de Femmes dans les Arts Visuels

Le projet communautaire « Le Baiser » a débuté en 2021 une tournée dans des centres culturels de l’Agence espagnole pour la coopération internationale au développement, du ministère des Affaires étrangères, en commençant par celui de Saint-Domingue en République dominicaine

Projet sélectionné pour l’appel Imagina Madrid 2017, Intermediae, Matadero, Mairie de Madrid.

« Le Baiser » a poursuivi sa tournée à Managua, Nicaragua, où elle a été inaugurée à l’occasion de la célébration du 8 mars 2022, au centre culturel de l’Espagne.

Un hommage à l’écoute de la communauté de femmes de Tetuán

Projet financé par Intermediae, Matadero, Madrid 2019

Le marché Maravillas comme lieu de rencontre et de dialogue de la communauté de Tetuán, et plus particulièrement pour les femmes, est le cadre de “Le Baiser Maravillas”. La proposition s’inscrit dans la continuité de “Le Baiser”, produit en 2018 dans le cadre du programme Imagina Madrid, Intermediae, Matadero. À partir de la population réunie pour ce projet communautaire, qui a rassemblé plus de 70 témoignages de femmes participantes en un an, avec un total de 15 nationalités représentées, “Le Baiser Maravillas” a débuté au cœur de ce marché madrilène. L’exposition dans ce lieu, revitalisé par sa communauté de migrants, fait de ces 20 femmes du quartier les protagonistes à partir de leurs récits et reflète leurs valeurs sur la cohabitation. Le marché accueille ces 20 bâches qui recueillent le portrait et le témoignage de chacune de ces femmes et leur mémoire affective, parfois invisible.

Des séances de participation avec les voisines et voisins, où le débat se construit, ainsi que la création de réseaux communautaires, font partie de “Le Baiser Maravillas”. L’interculturalité, le point de vue féministe, l’écoute, sont les valeurs de ce projet collaboratif développé entre le 14 décembre 2019 et le 7 janvier 2020.

Comment affronter la situation actuelle ? Quelles sont les opinions de la communauté de femmes de Tetuán sur ce qui se passe ? « Le Baiser » dialogue par visioconférence avec Safe, María, Dolquisa, Jeisy, Lola, Carmen, Jara, Carolina et Farides sur les valeurs qui sont actuellement en jeu. Des femmes d’origine et d’âge divers partagent leurs expériences et leurs réflexions. Elles parlent en continuant de tisser le réseau des affections, les références émotionnelles qui nous guident dans les multiples situations auxquelles nous ne sommes pas préparées. Voici leurs témoignages. Une approche différente à la crise sociale de la COVID-19

L’œuvre de netart aborde la représentation visuelle, sonore et symbolique de champs du désir de la femme sous-représentés à l’heure actuelle bien qu’ils soient pleinement en vigueur. Elle étudie les expériences que des femmes ont vécues individuellement ou en groupe, en transgressant par leurs pratiques les attributions conventionnelles octroyées à leur corps. À partir du témoignage direct des femmes participantes, l’œuvre rend visible des aspects qui remettent en question ce qu’étaient prétendument leur sensibilité et les stimuli naturels. L’œuvre est basée sur ces récits de femmes appartenant à des domaines socialement restreints, dans le but de faire circuler un imaginaire de leur désir le plus réel, divers et profond. Les pratiques BDSM depuis un point de vue féministe, le polyamour, les pratiques sexuelles et le désir chez des femmes d’âge mûr sont les sujets choisis pour les débats participatifs que l’on peut voir dans cette pièce.

La pièce numérique de netart a été réalisée grâce à des processus collaboratifs multidisciplinaires propres de l’art public depuis un point de vue féministe. Elle est composée de deux éléments. D’une part, un fond web où est projetée la pièce de vidéocréation audiovisuelle animée, spécifiquement créée pour l’œuvre ; d’autre part, un espace de dialogue semi-ouvert qui contient trois débats successifs. Le premier élément mentionné est, d’un point de vue visuel, une pièce de vidéocréation d’environ 3 minutes. Elle présente une succession d’images qui évoquent une expérience intériorisée de l’émotion autour du désir. De façon non narrative et figurative, elle crée par reconstruction visuelle et sonore des symboles extraits tant de la nature (détail d’arbres, création de textures visuelles à l’aide de ces éléments) que d’enregistrements en direct de groupes collaboratifs de femmes (fragments d’une région du corps dans des plans abstraits et en mouvement), un fond qui accompagne le second élément mentionné. Il s’agit d’une fenêtre connectée à un chat par le réseau social Telegram, mené par plusieurs femmes et restreint seulement à celles-ci. La fenêtre verse leurs conversations dans chacune des convocations proposées. À partir de cette interface, les internautes ont suivi les débats du groupe invité tant en temps réel, alors que l’œuvre était produite, qu’en différé à sa conclusion. Le contenu final de tout le processus de dialogue reste dans la fenêtre du chat du site web, faisant partie de l’œuvre. D’autre part, l’audio de ce site numérique a été réalisé en direct avec deux participantes au projet collaboratif.

Afin de mener à bien cette œuvre, Toxic Lesbian a participé pendant plusieurs mois en observant des chats réels et opérationnels entre interlocuteurs de groupes féministes et de recherche sociale sur de nouveaux types de relation entre femmes.

Le « Cercle de femmes Le Baiser » est la réunion de douze femmes sur des sujets qui les concernent, abordés depuis le point de vue du genre. Elle se déroule comme une performance dialoguant avec des méthodologies féministes de création. Le groupe choisi pour chaque occasion compose un message articulé depuis la diversité de la représentation que chacune d’elles signifie. L’action est retransmise en direct, en streaming.

Le « Cercle de femmes Le Baiser » fait référence à la tradition de réunion que les femmes ont eu tout au long de l’histoire et qui ont été traitées de façon péjorative par le patriarcat en recevant des appellations telles que « poulaillers», « groupes de sorcières », « réunion petits gâteaux et thé », rendant invisible leur importance dans le soutien de l’équilibre social. Le titre « Le Baiser » est l’appellation du projet de Toxic Lesbian qui, depuis 2018, met en évidence l’existence de ces liens de réflexion, véritables lieux de maturation des affections et des nécessités de soins contextualisés pour chaque lieu et chaque moment par les communautés locales de femmes dans le monde entier.

Cercle de femmes Le Baiser-Tetuán

La communauté de femmes « Le Baiser à Tetuán » a été créée en 2018 grâce au développement de l’œuvre de pratiques sociales dans l’art dans ce quartier madrilène. La communauté se consolide en 2019 en poursuivant le projet avec « Le Baiser Maravillas ». En 2020, la situation vécue dans le quartier en raison de la COVID les réunit. En 2021, le « Cercle de femmes Le Baiser » se forme et reflète les valeurs de cette communauté:

Cercle de femmes Le Baiser-HER

À l’occasion du HER Festival 2020 aux Canaries, festival multidisciplinaire, transversal et inclusif qui a invité Toxic Lesbian à produire avec la communauté féministe des Canaries une œuvre collaborative qui se concrétise en un « Cercle de femmes Le Baiser ».